Conférences

Et si l’on investissait dans notre avenir en comprenant comment bébé vit sa naissance?

Arriver au monde est un moment crucial dans notre vie. Dès la conception (et peut-être même avant) chaque personne écrit son histoire et celle-ci est balisée par ceux qui l’entourent et les événements qui se déroulent au fil de son évolution.
Le vécu de chacun étant différent, le même événement peut être interprété par chaque personne de façon très différente. Si tout le monde peut s’exprimer, les parents et l’entourage peuvent se faire entendre, ce qui n’est pas si facile pour le bébé. Comment interpréter ses pleurs ?
Ne pas comprendre le point de vue de bébé peut perturber la communication entre celui-ci, ses parents et son entourage et les conséquences, dans la suite, peuvent engendrer des malentendus qui se poursuivront dans l’enfance et au-delà. Cela peut totalement changer la communication que l’on a avec lui. La parole a une importance capitale. Par exemple, l’on entend très souvent attribuées au bébé des « intentions » qui ne sont probablement pas les siennes (« il ne voulait pas sortir », « il était pressé », « c’est une têtue, elle est restée en siège », etc …). Ce n’est peut-être pas du tout le vécu que bébé a de ces événements. Ces malentendus peuvent être évités si l’on offre au bébé l’opportunité de s’exprimer et de raconter son vécu des émotions autour de sa naissance.
A notre époque, la société exige beaucoup des femmes enceintes et des parents. La pression sociétale est importante, tant d’un point de vue médical qu’émotionnel et c’est sans parler de la pression professionnelle à laquelle sont soumises bien des familles. Il y a très peu d’accent mis sur la capacité de porter un bébé, d’accoucher, d’allaiter, de s’occuper d’un bébé pour les femmes, de naître pour les bébés et de devenir un parent adéquat pour les pères (ou autre parent). Cela entraîne une difficulté grandissante d’être à l’écoute de ce que l’on ressent « dans son cœur », tant personnellement que vis-à-vis du bébé.
Grandir sur une base de malentendus, ne pas réussir à faire reconnaître ce que l’on vit, à être entendu dans notre spécificité peut engendrer bien des difficultés. Notre société a besoin de personnes solides, sensibles, bienveillantes pour demain. La non considération, le manque d’attention dans les gestes, la négation de ce qui est peut entraîner de la violence autant que de la tristesse.
Permettre au bébé, le plus tôt possible, de raconter lui-même son histoire dans un cadre bienveillant et sécurisant, d’être entendu et compris par ses parents est véritablement, selon moi, une façon d’investir dans l’avenir de notre société. Tout ne se joue pas à la naissance, mais c’est un moment particulièrement marquant dans la vie de chacun de nous.
Avec le revécu émotionnel de naissance que, personnellement, j’offre au travers de la thérapie crânio-sacrée somato-émotionnelle, il est possible de faciliter que chacun trouve sa place dans la famille et se sente soutenu dans son vécu quand celui-ci est plus difficile.

Dominique Porret

Praticienne en thérapie crânio-sacrée somato-émotionnelle (Upledger) et sage-femme
 www.comprendre-mon-bebe.com

L’expression des émotions du Bébé, lui parler et l’écouter.

Le bébé est une personne qui aspire à être en lien et à communiquer avec son entourage.
Il y a de nombreuses façons d’interagir avec un bébé : par le toucher, la parole, la musique, le regard, les jeux,…
De son côté, le bébé aussi dispose de plusieurs moyens pour se faire comprendre. Les pleurs sont un de ces moyens. Par ce biais, il exprime un besoin (être nourri, avoir un lange propre, être pris dans les bras,…), un vécu, ou une émotion.
Dans sa construction neuronale, il gagne à ce qu’on mette des mots sur ce qu’il traverse et ce qui le traverse.
Le bébé est aussi une personne sensible au stress. Et pour son cerveau immature, les sources de stress sont nombreuses. Parmi celles-ci, on trouve aussi bien le stress inhérent à la vie elle-même (comme la surcharge d’informations ou les nouveaux apprentissages, par exemple) que les traumatismes vécus in-utéro ou les vécus de naissances.
Et quand son cerveau est imbibé d’hormones de stress, il va naturellement chercher à les évacuer en pleurant.
On a pu observer que les bébés qui avaient connu une gestation difficile ou une naissance traumatisante, pleuraient davantage que les bébés avec un vécu plus serein.
On a également constaté que les bébés qui avaient pu pleurer autant qu’ils en avaient besoin, dans les bras bienveillants d’un adulte, étaient des bébés ayant une meilleure qualité de sommeil et qui, dans les périodes de veille étaient plus éveillés, plus curieux, plus paisibles.

Françoise Somers

Accompagnement parental

Césariennes : d’urgence/préparées, l’impact et l’accompagnement.

Pourquoi parler de la césarienne ? Notamment parce qu’au niveau mondial on note une nette augmentation de ce type d’accouchement. Aussi, parce que c’est une naissance “instrumentale” vécue comme traumatique très souvent pour certaines et certains. Cela nous renvoie à la peur de souffrir, à nos peurs archaïques face au mystère de la vie et de la mort. Chaque naissance est un trauma en soi, pour la mère et l’enfant, la césarienne d’autant plus.
Je commencerai par une brève histoire de la césarienne et de sa banalisation médicale. Les indications médicales de la césarienne sont en augmentation, malgré les nombreux effets secondaires de celle-ci. Les causes de cette augmentation comprennent la pression importante du domaine médicolégal et la rentabilité de celle-ci selon le système de soins national. Ensuite, j’évoquerai les conséquences, le vécu de cette intervention pour tous les acteurs : la mère, l’enfant, le père et le personnel hospitalier. Enfin, il est intéressant de se pencher sur les causes socio-politiques de l’augmentation de ce type de naissance. J’aborderai également les mesures à prendre pour diminuer le nombre de césariennes mais aussi pour réduire les conséquences psychosociales de celles-ci.

Dr Corinne Gere

Gynécologue Obstétricienne

Mesures antistress pour le nouveau-né fragile et ses parents.

Les nouveau-nés fragiles et leurs parents, confrontés à des difficultés importantes à la naissance, à la prématurité, aux risques de séparation parents-enfant(s) pour des raisons de santé, sont dans des situations de stress.
Mais il existe plusieurs niveaux de stress :
Il y a le stress léger, positif, que nous parvenons à contrôler et qui nous fait progresser. Au contraire, il y a le stress modéré qui n’est supportable qu’avec l’aide et le réconfort des proches et enfin le stress toxique qui est trop important, qui submerge les émotions malgré le support des proches.
Pour le nouveau-né en pleine maturation cérébrale, des stress importants vécus sans le support des parents peuvent interférer sur la tolérance immédiate mais aussi sur le développement cérébral et laisser des traces dans le fonctionnement et l’anatomie du cerveau.
Pour les parents, ce stress déjà difficile à vivre au moment même, peut se prolonger dans le stress post traumatique.
Les solutions consistent à éviter la séparation nouveau-nés –parents même au sein des services néonatals intensifs. Il s’agit de favoriser les soins centrés sur l’enfant et sa famille avec des parents intégrés dans l’équipe de soins, de favoriser le portage peau à peau en kangourou du nouveau-né par ses parents, de tenir compte du langage non verbal du nouveau-né.

Dr Yves Hennequin

Pédiatre

L’Ado-naissance, répétition et création.

La structure de traversée de l’adolescence renvoie en tout point à celle de la naissance.
Parler « d’ado-naissance » permet d’évoquer le travail psychique de l’adolescence qui convoque et concerne les même partenaires que ceux de la naissance, serait-ce dans le registre symbolique.
Quand il est consenti, ce travail constitue en soi un soin psychique de l’ascendance et une prévention en santé mentale de la descendance…
Les traces de l’histoire du sujet s’y révèlent en corps et en acte.
Elles produisent les symptomes dont la répétition va en même temps déranger et inviter le sujet à affronter son destin personnel.
Advenir à lui-même passe pour le sujet par l’acte de création d’une parole propre, celle-ci va faire écho à la parole d’accueil des parents qui à la naissance lui ont donné son « nom ».
Nouvellement séparé il est appelé à « désirer » à son compte propre et à répondre de son « nom ».

La psychiatrie juvénile est une sous-spécialité de la psychiatrie née dans les années ’80.
Elle permet une spécificité de la lecture des tableaux cliniques « psy » présentés par les ados. Celles-ci sont moins axées sur la sécurité comme dans l’enfance ou sur la protection comme à l’âge adulte. Elles sont plutôt axées sur la dynamique créatrice contenue dans la
«crise=urgence de changement» propre à l’adolescence, qu’elle soit silencieuse, explosive, empêchée ou à l’arrêt.
L’adolescence est une production de la culture, ses manifestations varient au fil des évolutions sociétales. Il en découle la nécessité d’apporter des réponses appropriées et spécifiques tant au niveau individuel et familial qu’en terme de santé publique et de politique jeunesse .

Dr Ann D’Alcantara, Pr émérite UCL

Psychiatre d’adolescent

Mémoires tissulaires et Ostéopathie.

Dès avant sa naissance, le bébé peut être soumis à différentes tensions : malpositions, décollement placentaire, cordon, angoisses et stress de la maman, facteurs environnementaux, gémellité…
Ces tensions s’impriment dans les tissus du fœtus et en perturbent le développement.
La naissance en elle-même peut se révéler traumatisante psychologiquement et physiquement pour la maman et pour l’enfant.
Et le début de la vie extra-utérine comporte également son possible lot de blessures…
Allaitement difficile, difficultés de déglutition, sommeil perturbé, torticolis, crâne déformé, coliques, reflux gastro-œsophagien, pleurs incessants, agitation, etc… sont autant de symptômes exprimant ces tensions acquises depuis la conception.
Par des manipulations douces, l’ostéopathe va chercher à éliminer ces mémoires tissulaires afin de restaurer une liberté circulatoire, neurologique et motrice idéale déterminante pour l’avenir de ce petit être.

“L’ostéopathie est une approche diagnostique et thérapeutique manuelle des dysfonctions de mobilité articulaire et tissulaire en général dans le cadre de leur participation à l’apparition des maladies.”
L’ostéopathie est à la fois une philosophie, une science et un art. Cette pratique a pour objectif de rétablir la mobilité et la motilité dans tous les tissus du corps afin de leur assurer une fonction physiologique optimale.
Le corps a une tendance naturelle à s’autoréguler et s’autodéfendre. Le traitement ostéopathique favorise cette autorégulation et stimule les défenses.
Elle a été créée par un médecin américain, le Dr Still, en 1874. Depuis, elle s’est largement répandue, et on compte environ 1700 ostéopathes en Belgique.

Philippe Goubau

Ostéopathe D.O.

Ce que nous enseignent les empreintes (pré)natales en psychothérapie.

Les empreintes émotionnelles de la vie intra utérine, retrouvées en psychothérapie mettent en évidence que l’histoire d’une grossesse ne se limite pas au seul développement d’un corps physique, mais mettent en évidence aussi et surtout, comment un Être de conscience et de sensibilité vient investir ce corps physique en gestation dans la matrice maternelle.
Ces mêmes explorations en psychothérapie révèlent que le bon déroulement de cette incarnation et de toute la vie future, dépend essentiellement de la possibilité pour cet Être- Embryon- Fœtus de se sentir aimé et reconnu pour ce qu’il est, quelles que soient les émotions, les attentes, maternelles et paternelles et les aléas évènementiels de la grossesse, ceci grâce à la possibilité pour ces derniers de lui parler de façon juste et authentique, dès la prise de conscience de son existence.

Jean-Paul Fluteau

Psychologue clinicien, Psychothérapeute

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